MENU
Appel à communications en ligne "INSCRIPTION AU COLLOQUE"

Bactéries productrices de BLSE ou de carbapénémases : où en sommes-nous ?

17.12.2013 17:03, vu 1318 fois
Les problèmes posés par la résistance aux antibiotiques des bactéries à Gram négatif ? essentiellement des entérobactéries ? sont de 2 types.

? La production de bêtalactamases à spectre étendu (BLSE) hydrolysant les pénicillines et les céphalosporines mais épargnant les carbapénèmes est principalement le fait de souches porteuses du plasmide CTX-M qui ont émergé dans les années 2000. Le réservoir est communautaire, très important en Asie où dans certains pays ; plus de 50 % des souches d'Escherichia coli sont productrices de BLSE. En Europe, le pourcentage de Klebsiella pneumoniae porteurs de BLSE est passé de moins de 10 % en 2005 à 30-40 % en 2011. Ces souches sont très souvent multirésistantes. Elles sont responsables principalement d'infections urinaires et de diarrhées, et le portage fécal est fréquent. Les souches BLSE peuvent aussi être responsables d'infections graves. On estime qu'aux États-Unis, elles sont responsables de 1 700 décès/an.

? La production de carbapénémases se fait par des souches KPC (Klebsiella sp. productrices de carbapénémases), OXA (oxacillinases) ou NDM-1 (New Delhi Métallo-enzymes), généralement multirésistantes. Les souches KPC proviennent essentiellement du continent américain, avec une diffusion en Europe et en Israël. Les souches NDM-1 sont issues d'Inde, du Pakistan et du Bengladesh. Elles ont gagné en premier lieu le Royaume-Uni mais on en trouve maintenant dans plusieurs pays européens dont la France. Parmi les souches productrices de carbapénémases isolées à l'hôpital Bicêtre entre janvier et septembre 2011, près des deux tiers étaient des K. pneumoniae (figure) ; la majorité était OXA-48 like (78 %) ; 5,6 % étaient KPC et 10 % étaient NDM.
Il est à craindre que les mouvements de population ? de plus en plus nombreux ? n'accentuent la diffusion des bactéries résistantes. Pour faire face au problème des carbapénémases, déjà quasiment incontrôlable dans certains pays mais pas encore en France, il faut bien sûr rechercher ces enzymes avec les méthodes diagnostiques appropriées pour bien connaître leur épidémiologie, mais surtout accentuer les mesures d'hygiène et respecter le bon usage de prescription des antibiotiques, et notamment des carbapénèmes.

Source :

Lire aussi

Audience du CO Quarantenaire UFR SPB avec Pr BAKAYOKO-LY Ramata
Toxoplasmose : attraction mortelle du chimpanzé parasité pour le léopard
Traitement du paludisme : le mode d'action de l'artémisinine remis en question
L'arbre généalogique des cellules sanguines et immunes s'agrandit
Comme dans les cellules souches embryonaires, un "kit d'auto-renouvellement" sommeille dans certaines cellules immunitaires
TARDIS: une méthode universelle de séquençage d'ARN à la portée de tous
Tuberculose : découverte d'une étape critique de l'évolution du bacille vers la pathogénicité
Le mécanisme viral de dégradation de la « gardienne du génome » dévoilé
Point d'information sur l'essai clinique BIAL mené par la société BIOTRIAL à Rennes
Déclaration sur la 1ère réunion du Comité d'urgence du Règlement sanitaire international concernant le virus Zika

  Retourner

Contacts
Tel. : (+225) 41 03 04 95 / 41 02 44 11 E-mail : info@ufrspb.ci