UFR-SPB
FLASH
Les inscriptions pour les festivités du quarantenaire de l'UFR SPB sont ouvertes. Se préinscrire puis payer ses frais d'inscription à l'UFRSPB ou à la Maison du Pharmacien

Tuberculose : découverte d'une étape critique de l'évolution du bacille vers la pathogénicité

07.02.2016 03:58, vu 1434 fois
ac 58
ac 58

C'est la disparition d'un glycolipide de l'enveloppe bactérienne, au cours de l'évolution, qui aurait considérablement augmenté la virulence des bacilles de la tuberculose chez l'Homme. Des chercheurs du CNRS, de l'Institut Pasteur et de l'université Toulouse III Paul Sabatier1 ont montré que cette disparition a entrainé une modification des propriétés de surface de Mycobacterium tuberculosis, favorisant son agrégation en « corde », et augmentant sa pathogénicité. Ces résultats, qui permettent de mieux connaitre les mécanismes liés à l'évolution et à l'émergence des bacilles de la tuberculose, sont une avancée majeure dans la compréhension de cette maladie. Ils sont publiés dans la revue Nature Microbiology le 27 janvier 2016

La tuberculose est une maladie bactérienne chronique causée par l'agent infectieux Mycobacterium tuberculosis. En 2014, 9,6 millions de cas de tuberculose et 1,5 million de décès ont été recensés dans le monde, classant cette maladie au second rang des causes de décès dus à un agent infectieux unique (OMS, 2015). Pour combattre cette maladie, il est nécessaire de mieux comprendre les facteurs et mécanismes favorisant sa propagation.

Les étapes évolutives, et adaptations génétiques associées, qui ont permis aux bacilles de la tuberculose de coloniser l'Homme restent peu connues à l'inverse d'autres maladies infectieuses comme la peste ou le typhus. Pour aborder cette question, les chercheurs se sont intéressés à un autre type de bacille, Mycobacterium canettii, connu pour causer de rares cas de tuberculose et pour être génétiquement proche de l'ancêtre de M. tuberculosis. Les chercheurs ont observé que les colonies2 de ces bactéries sont très différentes de celles des bacilles de la tuberculose. Alors que sur milieu solide les colonies de M. tuberculosis sont sèches, rugueuses et fripées, celles de M. canettii sont muqueuses et collantes. Dans un milieu de culture liquide, les premières sont fortement agrégées en forme de corde alors que les secondes se désolidarisent complétement.

En étudiant des mutants spontanés de M. canettii formant des colonies fripées, les chercheurs ont montré que le changement d'aspect des colonies a été provoqué par une recombinaison entre deux gènes impliqués dans la production d'un glycolipide de l'enveloppe bactérienne. En étudiant précisément l'organisation génétique de cette région chez les bacilles de la tuberculose, les scientifiques ont pu démontrer qu'une recombinaison similaire s'était produite chez l'ancêtre de M. tuberculosis. Cette recombinaison conduit à l'inactivation de la voie de biosynthèse du glycolipide et donc à sa disparition à la surface des bacilles. Les chercheurs ont montré que cette disparition induit chez M. canettii une modification des propriétés de surface et favorise ainsi son agrégation en « corde », de la même manière que chez M. tuberculosis. Enfin, en utilisant différents modèles animaux et cellulaires de l'infection, les chercheurs ont établi que cette modification de l'enveloppe bactérienne provoque un changement des interactions avec les cellules de défense de l'hôte et une augmentation de la virulence de M. canettii.

Cette découverte constitue une étape essentielle dans la compréhension de l'origine et de l'émergence du bacille de la tuberculose. Les chercheurs vont continuer à étudier M. canettii et M. tuberculosis afin de déterminer les facteurs bactériens et les réponses immunitaires induites par ces facteurs qui ont contribué au succès de M. tuberculosis en tant que pathogène majeur de l'homme.

Source : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/4387.htm

Lire aussi

Audience du CO Quarantenaire UFR SPB avec Pr BAKAYOKO-LY Ramata
Toxoplasmose : attraction mortelle du chimpanzé parasité pour le léopard
Traitement du paludisme : le mode d'action de l'artémisinine remis en question
L'arbre généalogique des cellules sanguines et immunes s'agrandit
Comme dans les cellules souches embryonaires, un "kit d'auto-renouvellement" sommeille dans certaines cellules immunitaires
TARDIS: une méthode universelle de séquençage d'ARN à la portée de tous
Le mécanisme viral de dégradation de la « gardienne du génome » dévoilé
Point d'information sur l'essai clinique BIAL mené par la société BIOTRIAL à Rennes
Déclaration sur la 1ère réunion du Comité d'urgence du Règlement sanitaire international concernant le virus Zika
Prise prolongée de paracétamol à haute dose : une étude anglaise pointe de possibles risques qui nécessitent confirmation

  Retourner

MISE EN LIGNE DES ENSEIGNEMENTS
Plan du site
Accueil
Articles
Organisation
Formations
Publications
Infos UFR
Contacts
Nous contacter
Tél. : (+225) 41 03 04 95 / 41 02 44 11
E-mail : info@ufrspb.ci
©2011-2018 UFR-SPB